Le relais du dirigeant
Négociation

La lettre d'intention : à quoi s'engage-t-on vraiment ?

C’est le premier document vraiment structurant de votre cession : la lettre d’intention — les professionnels disent « LOI ». Le candidat repreneur y formalise son intérêt et les grandes lignes de son offre. Moment charnière : c’est là que la discussion devient une négociation.

Ce qu'elle contient

Une lettre d’intention sérieuse pose le cadre : le périmètre envisagé (fonds ou titres), une valorisation ou fourchette indicative et ses hypothèses, le mode de financement pressenti, le calendrier proposé, les conditions suspensives (obtention du financement, résultats des audits…), et souvent une demande d’exclusivité de négociation pour une durée limitée. Dans le processus type d’une cession, elle intervient après les premiers échanges et rencontres — et avant les audits.

Ce qu'elle engage — et ce qu'elle n'engage pas

Par défaut, la signature d’une lettre d’intention n’oblige pas les parties à aller au bout de la cession : c’est un cadre de négociation, pas une vente. Mais « pas d’obligation de conclure » ne veut pas dire « sans effets » : l’exclusivité vous lie réellement pendant sa durée, les engagements de confidentialité s’appliquent, et la loyauté des négociations est une exigence juridique — rompre brutalement et sans motif des discussions avancées peut engager une responsabilité. D’où la recommandation constante des guides : faire relire la lettre par un avocat avant de signer, avec une attention particulière aux conditions suspensives et à l’exclusivité.

Le point de vigilance n° 1 : l'exclusivité

Accorder l’exclusivité, c’est geler les autres candidats pendant des semaines. C’est normal — un repreneur qui engage des frais d’audits veut sécuriser sa position — mais cela se monnaie : durée courte et définie, jalons intermédiaires, et une offre suffisamment précise pour la mériter. Une exclusivité accordée trop tôt, trop longue ou contre une offre vague est la première cause de temps perdu dans les cessions.

Le prix indiqué n'est pas le prix final

La valorisation d’une lettre d’intention repose sur les informations connues à ce stade. Les audits qui suivent peuvent la confirmer — ou la raboter. C’est une raison de plus de préparer un dossier solide en amont : moins les audits découvrent de surprises, moins le prix bouge entre la lettre d’intention et la signature.

À retenir

La LOI fixe le cadre : périmètre, prix indicatif, calendrier, conditions, exclusivité.

Elle n’oblige pas à conclure — mais l’exclusivité et la loyauté des négociations engagent.

Relecture par un avocat avant signature : recommandation unanime.

Un dossier bien préparé protège le prix annoncé dans la LOI.

Pour aller plus loin

Lettre d’intention : points clés — Bpifrance Création : https://bpifrance-creation.fr

Avant la première lettre d'intention, il y a la préparation.

Commencez par un repère de valeur, en toute confidentialité.