C’est une obligation légale encore mal connue des cédants — et source d’angoisse inutile : dans les entreprises en dessous d’un certain effectif, les salariés doivent être informés du projet de vente suffisamment en amont, pour pouvoir, s’ils le souhaitent, présenter une offre de reprise. Voyons ce que cela implique vraiment — et ce que cela n’implique pas. Les seuils, délais et sanctions précis étant fixés par la loi et susceptibles d’évoluer, nous renvoyons pour les chiffres à la fiche officielle.
Informer vos salariés avant la vente : ce que dit la loi
L'esprit du dispositif
L’idée du législateur : donner aux salariés la possibilité de se porter candidats à la reprise de leur entreprise. L’information porte sur l’existence du projet de vente et sur la faculté de présenter une offre — pas sur les conditions de la vente. Certaines situations en sont dispensées, notamment les transmissions familiales et les procédures collectives : vérifiez votre cas sur la fiche officielle.
Comment informer, en pratique
L’information doit intervenir avant la conclusion de la vente, dans le délai légal en vigueur, par tout moyen donnant date certaine : lettre recommandée avec avis de réception, réunion avec registre de présence, remise en main propre contre émargement. Point utile : la vente peut intervenir plus tôt si chaque salarié a fait connaître sa décision de ne pas présenter d’offre.
Ce que vous n'êtes pas obligé de faire
Trois idées reçues à corriger. Vous n’avez aucune obligation d’accepter — ni même d’étudier — une offre présentée par vos salariés : elle n’a aucun caractère prioritaire, et vous pouvez la refuser sans motiver. Vous n’avez pas à révéler le prix envisagé. Vous n’avez pas à révéler l’identité de l’acquéreur. L’obligation porte sur l’information du projet, pas sur ses conditions.
Et la confidentialité ?
Les salariés informés sont tenus à une obligation de discrétion : tout manquement constitue une faute pouvant justifier une sanction disciplinaire et engager leur responsabilité. La loi a prévu le sujet : informer ses équipes n’est pas renoncer à la confidentialité. À l’inverse, ne pas informer expose le cédant à des sanctions civiles — raison de plus pour caler ce formalisme dans le calendrier de cession, avec votre conseil.
Sous un certain effectif, les salariés doivent être informés du projet de vente en amont.
Aucune obligation d’accepter une offre des salariés, ni de révéler prix ou acquéreur.
Les salariés informés sont tenus à la discrétion.
Seuils, délais et sanctions à jour : voir la fiche officielle sur entreprendre.service-public.gouv.fr.
Information préalable des salariés en cas de vente — service-public : https://entreprendre.service-public.gouv.fr
Le calendrier légal se prépare.
Faites-le vérifier avant de lancer votre cession, en toute confidentialité.